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Auteur : Eric PASQUIER

Témoignage

Témoignage

Loïc Ranno, 19 ans étudiant à l’école de commerce de Grenoble (GEM),

Je suis parti 2 mois au Népal, à Katmandou plus précisément, afin de participer à un échange culturel et à un partage de connaissance avec la Mini Land Secondary School, école soutenue par l’association Savoyarde Soutiens d’Avenirs.

Il s’agissait pour moi du premier voyage aussi lointain en solitaire, dans un pays aussi différent de la France. J’avais fait quelques recherches sur le pays donc en partant j’avais une petite idée de ce qui pouvait m’attendre en termes de mode de vie, en revanche je n’avais pas beaucoup d’information sur l’école, sur le niveau scolaire des enfants, sur le fonctionnement de l’école, etc…

Le 3 Mai 2018 départ de Genève pour atterrir 20h plus tard à Katmandou.

Je fus accueillie par Kuber, le frère de la directrice de la MLS  Parinita et qui avait gentiment accepté de me loger durant ces 2 mois. Kuber et sa femme Neena sont des gens adorable qui m’ont considéré comme leur fils et je fus rapidement à l’aise.

Grâce à leur disponibilité j’ai pu découvrir le Népal en immersion totale. Les Népalais sont des personnes facilement abordables et toujours sympathiques.

Le plus difficile aura été de m’accommoder à la ville extrêmement dense et polluée et à la pauvreté. Malgré mes recherches et ma préparation, il m’aura fallu un peu de temps pour m’acclimater à ce nouvel environnement et comprendre comment les gens vivent à Katmandou et gérer la pollution,

La poussière, le bruit etc…

Après la première semaine je pus  apprécier la vallée de Katmandou au cœur de l l’Himalaya.

Kathamandou est une ville surprenante, secrète, grouillante, des temples à chaque coin de rue, des  magasins vendant de tout mais surtout de n’importe quoi et des immeubles collés les uns aux autres qui forment des petites ruelles qui nous font oublier que nous sommes dans une capitale.

Quant à l’école je fus agréablement surpris en tout point !

Les professeurs sont attentionnés avec les enfants et prennent soin de chacun d’eux, s’assurent qu’ils travaillent bien et les encouragent constamment de façon positive.

La directrice Parinita est une femme  exceptionnelle et fut pour moi d’un grand soutien.

Je n’avais aucune expérience en tant que professeur, elle a su m’aider et  m’expliquer le rôle important de son école dans ce quartier pauvre, elle connait  l’histoire de chacun de ses élèves (ils sont 500), histoire souvent douloureuse et chaotique. Parinita m’a étonné par sa force et son envie de modernité et de progrès pour son pays et ses élèves.

Avec patience et compréhension elle les accompagne sans les assister. Pour réaliser tous ses projets elle investit beaucoup avec ses deniers personnels et l’association Soutiens d’avenirs apporte une aide financière conséquente (89 enfants soutenus par SA et participation financière  à des projets)

Les élèves sont ceux qui m’ont le plus surpris. Timides au début ensuite ils ont été curieux, attentifs, courageux, généreux et ils se sont montrés bien plus doués que je ne me l’étais imaginé.

À 18 ans leur niveau scolaire n’équivaut peut-être pas celui de notre bac général mais ils n’en sont vraiment pas loin.

Ils ont une soif d’apprendre et si leur situation familiale le permet ils ont envie d’étudier pour avoir un métier. Paranita veille à ce qu’ils puissent découvrir différents métiers..

Ils sont extrêmement plus matures et unis que les enfants et les jeunes de nos écoles Françaises.

Ils savent la chance qu’ils ont d’être là.

Et ce que je trouvais touchant en récoltant certains de leurs témoignages, c’est qu’ils considèrent cette école comme leur 2ème maison avec les professeurs comme parents.

C’est en prenant le bus de l’école tous les soirs en direction de Teku, quartier défavorisé de Katmandou, pour y déposer certains élèves dans ce qui ressemble plus ou moins à un bidonville, que je me suis rendu compte du problème de pauvreté auquel devait faire face certains élèves.

Cela rend encore plus impressionnant leur façon d’agir car ils sont toujours souriants et ne se plaignent jamais.

Des élèves m’ont proposé via l’accord de la Paranita de me faire visiter leur ville et m’ont accompagné dans certaines de mes visites afin de m’apprendre, à leur tour, quelque chose de nouveau.

Grâce à l’association Soutien d’Avenirs l’école a pu acheter une vingtaine d’ordinateur et en 2 ans d’utilisation, Paranita a vite compris l’importance de cet outil.

C’était également l’un des principaux objectifs de ma venue, de les aider à approfondir l’usage de cet outil notamment pour les professeurs et les élèves en enseignant pendant ces 2 mois l’usage de Word, Powerpoint et Excel.

J’ai également participé à quelques cours notamment en science, en anglais et en management, cours important car les Népalais de manière générale gère mal les différentes tâches qu’ils ont à accomplir, ce qui fait que tout prend du retard ou n’est pas fait exactement comme souhaité.

C’est d’ailleurs l’un des points ou il aura fallu que je m’adapte le plus, le fait que l’organisation se fasse presque au jour le jour et qui si quelque chose est reporté, annulé ou remplacé par quelque chose qui n’a rien à voir, et bien c’est comme ça il faut juste trouver un moyen de s’adapter rapidement et le faire.

J’ai également « importé » une nouvelle activité auprès des élèves, le diabolo. Ils se sont trouvés très intéressés par ce jeu de cirque et sont d’ailleurs devenu très doués

Ce jeu m’a permis de faciliter l’échange avec eux et cela les a rendu désireux d’en savoir davantage sur la France, sur l’Europe et sur notre façon de vivre, notre culture.

J’ai aussi organisé le premier tchat en direct de Chambéry avec l’auteur du premier roman britannique Emma Flint (projet mis en place par Soutiens d’Avenir)

Dans « little death » lauréat 2018 du premier roman britannique l’auteur  décrit la vie d’une jeune femme américaine vivant dans les années 60. A  cette époque, les mœurs et la façon de vivre est très éloigné voir choquante par rapport au mode de vie Népalais (Une femme ayant plusieurs petits amis, meurtres, etc…). Les étudiants  se sont montrés, une fois de plus, très curieux, ont posé beaucoup de questions à l’auteur.

Pour conclure je retiendrais pour toujours tous ces merveilleux moments passés à la Mini Land, les moments de jeux, d’enseignement et d’échanges culturels, les  rencontres riches ouvertes et généreuses qui m’ont apporté énormément en seulement 2 mois.

Je remercie grandement toutes ces personnes qui m’ont permis de vivre 2 mois exceptionnels au Népal, mais également Éric et Martine qui m’ont permis de vivre cette expérience très enrichissante.

 

Loïc RANNO

20/07/2018

Edito Lettre d’information n°4

Edito Lettre d’information n°4

Trois ans déjà, et que de chemin parcouru ! En 2015, nous étions 6 pour démarrer nos projets de solidarité internationale. En 2018, nous sommes 145, adhérents, partenaires, particuliers et entreprises, à permettre aux enfants défavorisés de Katmandou d’accéder à l’école et à l’espoir d’un avenir meilleur.
Parinita, notre partenaire népalaise, directrice de la Mini Land School, met en œuvre avec professionnalisme, rigueur et bienveillance, ces projets. Sans elle, la tâche aurait été beaucoup plus compliquée.
93 430 € ont déjà été versés pour réaliser nos projets éducatifs. Nous ne vous dirons jamais assez merci ; votre générosité nous conforte dans nos actions et nous rassure pour l’avenir. Cette solidarité internationale ne pourrait pas exister sans vous.
Devenu tuteur de stage, nous avons accueilli en 2017 quatre étudiants qui nous ont abandonné leurs primes de stage et ont financé leurs voyages pour aller à Katmandou passer cinq mois à la Mini Land School. En fin de Master 2, ils ont pu transmettre leurs savoirs et leur culture aux jeunes écoliers népalais avides de découverte et d’ouverture vers l’occident. Ils ont laissé des outils pédagogiques de qualité à l’équipe enseignante qui continue à les faire vivre.
Cette année, c’est Loïc, étudiant à la Grenoble Ecole de Management qui fait son stage de 2 mois à la MLS. Les premiers retours sont excellents et encourageant pour l’avenir.
C’est avec plaisir et fierté que nous pouvons énumérer les projets déjà devenus réalité :
– 86 enfants scolarisés grâce à Soutiens d’Avenirs en 2018, dont 6 internes qui réussisent brillament leurs études après avoir vécu les drames de la rue,
– Création de l’atelier de couture et mise en place d’une formation de couturière,
– Mise en place de 3 formations professionnelles en apprentissage : électricien, plombier, réparateur de téléphones mobiles,
– Création d’une salle informatique équipée de 20 ordinateurs, et de cours d’apprentissage à l’utilisation des outils informatiques,
– Création d’une bibliothèque, avec l’achat de fonds littéraire et de matériel audiovisuel,
– Création d’une maison d’accueil pour les écoliers abandonnés ou en grande difficulté qui ouvrira ces portes le 16 juin,
Et des nouveaux projets à venir :
– Construction de 2 salles de classes supplémentaires pour les niveaux 11 et 12,
– Création d’un comité de lecture du premier roman britannique en partenariat avec le Festival du premier roman et un lycée chambérien.

Merci à vous tous qui vous engagez à nos cotés.
NAMASTE
Eric Pasquier – Président

Parinita, Directrice de la MLS

Parinita, Directrice de la MLS

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Présentation d'une femme engagée et admirable, Parinita Rimal, directrice de la Miniland Secondary School, Partenaire depuis le début de l'aventure de Soutiens d'Avenirs

Née en 1952 d'une mère tibétaine et d'un père népalais, elle part faire ses études en Inde. Elle a donné la vie à 3 enfants dont 2 sont partis en Angleterre et aux Etats-Unis.
Sa vocation pour l'enseignement date de plus de 46 ans. La Miniland Secondary School voit le jour 9 ans plus tard. 

La Miniland Secondary School se situe en plein coeur de la vallée de Katmandou, dans le quartier défavorisé de Teku tout près de la rivière Bagmati.

Le slogan ''Children are the asset of the nation'' qui signifie littéralement en anglais ''Les enfants sont les atouts de la nation'' en dit long. L'objectif est bel et bien de transmettre un enseignement de qualité : s'attacher à dépasser toutes sortes de barrières telles que les castes, les religions et les origines sociales pour insister sur l'ouverture d'esprit, le respect, la tolérance et la curiosité. L'école s'inspire pour cela de la pédagogie Montessori sur des bases scientifiques, philosophiques et éducatives. Considérant que chaque enfant est unique, les enseignants favorisent l'autonomie de l'enfant pour motiver son apprentissage et surtout son développement personnel. Pour ce faire, 22 enseignants à temps plein et 7 à mi-temps se relaient pour inculquer ces valeurs aux élèves âgés entre 2 ans et demi et 18.

Afin de satisfaire leurs envies, les enfants disposent également d'une salle télé, d'une salle informatique, de cours ponctuels de yoga, danse, arts martiaux et activités artistiques. En collaboration avec l'association Soutiens d'Avenirs, toute l'école disposera prochainement d'une bibliothèque.

Parinita Rimal nous explique qu'elle veut venir en aide aux plus démunis, à ceux qui n'ont pas accès à l'éducation: les orphelins, les enfants issus de familles monoparentales et ceux appartenant aux ''basses'' castes. Sur les 500 élèves, 75 enfants ne paient pas les frais de scolarité grâce à Soutiens D'Avenirs mais aussi grâce à Parinita. Elle n'hésite pas à donner de sa poche pour ceux qu'elle considère comme ses enfants ou encore à acheter de la nourriture pour les familles dans le besoin. Les meilleurs élèves suite aux sessions d'examens se voient également offrir des allègements voire une gratuité des frais de scolarité. 

Pendant son temps libre, elle enseigne à des femmes d'environ 50 ans qui n'ont pas eu la chance d'aller à l'école avec l'ONG Women's Empowerment. 

Lors de la Journée Internationale des droits de la femme, elle nous dévoile que la place de la femme dans la société népalaise est bien meilleure depuis 10 ans. Les femmes d'aujourd'hui peuvent étudier, devenir médecin ou encore pilote. D'ailleurs, sa fille a été plus jeune pilote du Népal à seulement 19 ans. 


Parinita est passionnée, maternelle mais surtout elle se bat pour l'éducation pour tous, pour que tous aient les mêmes chances. 


EDUCATION IS THE KEY 

 

Artisans pour le Népal

Artisans pour le Népal

Artisans pour le Népal

Un an après les séismes d’avril et Mai 2015, la reconstruction n’a pas vraiment redémarré au Népal.

La formation professionnelle à la sortie de l’école n’est pas usuelle et facile d’accès. Les enfants qui, entre 16 et 18 ans, terminent leur premier cycle de scolarité (Le SLC, School Leaving Certficate,  en fin de classe 10, équivalent de notre brevet des collèges), et qui n’ont pas la possibilité de poursuivre dans les classes 11 et 12 qui préparent à l’université ont peu d’alternatives pour trouver un emploi, si ce n’est celui de leurs parents, ce qui est souvent source de frustration.

Suite à réalisation d’un guide de la construction à destination des villages de montagnes avec l’Association Française de Parasismique, document pédagogique par définition, nous avons décidé d’une part d’en faire un support pédagogique pour un enseignement dans les classes 6 à 10, et d’autre part de mettre en œuvre une formation technique permettant de mettre en pratique ces solutions techniques. Avec l’idée d’étendre ces formations aux métiers de la construction (Electricien, Plombier, Menuisier-Charpentier principalement).

Au-delà de la formation des jeunes adultes, l’idée est de mettre en relation

  • les associations Savoyardes (dans un premier temps) qui aident directement des villages aux Népal et qui se sont regroupées au sein du Collectif Savoie Népal,
  • Les artisans et PME savoyardes (là aussi dans un premier temps) qui souhaitent s’investir dans un projet d’aide à la reconstruction (via la RSE par exemple, la responsabilité sociétale des entreprises qui s’ébauche)

Les idées fortes :

  • Des montagnards pour aider des montagnards,
  • Des biactifs saisonniers, potentiellement disponibles en inter saisons,
  • Un principe de coopération et pas d’assistanat
  • Les artisans, oubliés des ONG,
  • Des formations concrètes, pratiques, basées sur le retour d’expérience et la démonstration, sur le principe de la transmission des « savoir-faire ».
  • Des interventions directement dans les villages, sur des bâtiments choisis par les autorités locales.
  • Des projets humanitaires fédérateurs dans les entreprises,

Les engagements des uns et des autres :

Pour les associations qui s’engagent dans le projet en faisant appel aux professionnels :

  • S’être assuré au préalable de l’accord des autorités locales et de la désignation nominative des personnes à former,
  • Organiser la logistique d’acheminement (a priori sans financement), à savoir accueil à Katmandou, transport jusqu’au village, hébergement.
  • Facturation des frais de transports locaux et des frais d’hébergement « au réel », sans spéculation touristique des partenaires Népalais.
  • Engagement d’une démarche de coopération et pas d’assistanat (apport de formateurs, pas de volontaires qui vont faire à la place de)
  • S’assurer de la présence d’un traducteur (à minima Anglais / Népalais)

Pour les artisans et PME :

  • Financement du voyage et des frais sur place,
  • Durée minimum convenue à l’avance des formations,
  • Respect des traditions locales (castes, ethnies, coutumes, pratiques,….)
  • Engagement d’une démarche de coopération et pas d’assistanat,
  • Envoyer des personnes ayant un minimum de connaissance en anglais,

Les avantages 

- réductions d’impôts sur le principe du mécénat, directement par les associations impliquées si elles se sont déclarées d’intérêt général, ou via Soutiens d’Avenirs (principe de l’abandon de créance) – 60% du montant dans la limite de 5 pour mille du CA pour les société, 66% du montant dans la limite de 20% du revenu imposable pour les particuliers,

- intervention directe et ciblée,

- prise en compte dans le dispositif du RSE,

- Valeurs humanitaires, partage, fraternité au sein des entreprises qui s’engagent,

- Découverte d’une autre culture de la montagne,

Les écueils possibles :

  • L’assistanat plutôt que la coopération,
  • Le séjour uniquement touristique,
  • Le manque d’implication des personnes formées,

Les développements possibles :

  • Des centres de formations dans les villes, à destination ou des jeunes adultes sortant de l’école ou des villageois désirant s’investir.