SOUTIENS D'AVENIRS Non classé TEMOIGNAGE – Loic 2018

TEMOIGNAGE – Loic 2018

Loïc Ranno, 19 ans étudiant à l’école de commerce de Grenoble (GEM),

Je suis parti 2 mois au Népal, à Katmandou plus précisément, afin de participer à un échange culturel et à un partage de connaissance avec la Mini Land Secondary School, école soutenue par l’association Savoyarde Soutiens d’Avenirs.

Il s’agissait pour moi du premier voyage aussi lointain en solitaire, dans un pays aussi différent de la France. J’avais fait quelques recherches sur le pays donc en partant j’avais une petite idée de ce qui pouvait m’attendre en termes de mode de vie, en revanche je n’avais pas beaucoup d’information sur l’école, sur le niveau scolaire des enfants, sur le fonctionnement de l’école, etc…

Le 3 Mai 2018 départ de Genève pour atterrir 20h plus tard à Katmandou.

Je fus accueillie par Kuber, le frère de la directrice de la MLS  Parinita et qui avait gentiment accepté de me loger durant ces 2 mois. Kuber et sa femme Neena sont des gens adorable qui m’ont considéré comme leur fils et je fus rapidement à l’aise.

Grâce à leur disponibilité j’ai pu découvrir le Népal en immersion totale. Les Népalais sont des personnes facilement abordables et toujours sympathiques.

Le plus difficile aura été de m’accommoder à la ville extrêmement dense et polluée et à la pauvreté. Malgré mes recherches et ma préparation, il m’aura fallu un peu de temps pour m’acclimater à ce nouvel environnement et comprendre comment les gens vivent à Katmandou et gérer la pollution,

La poussière, le bruit etc…

Après la première semaine je pus  apprécier la vallée de Katmandou au cœur de l l’Himalaya.

Kathamandou est une ville surprenante, secrète, grouillante, des temples à chaque coin de rue, des  magasins vendant de tout mais surtout de n’importe quoi et des immeubles collés les uns aux autres qui forment des petites ruelles qui nous font oublier que nous sommes dans une capitale.

Quant à l’école je fus agréablement surpris en tout point !

Les professeurs sont attentionnés avec les enfants et prennent soin de chacun d’eux, s’assurent qu’ils travaillent bien et les encouragent constamment de façon positive.

La directrice Parinita est une femme  exceptionnelle et fut pour moi d’un grand soutien.

Je n’avais aucune expérience en tant que professeur, elle a su m’aider et  m’expliquer le rôle important de son école dans ce quartier pauvre, elle connait  l’histoire de chacun de ses élèves (ils sont 500), histoire souvent douloureuse et chaotique. Parinita m’a étonné par sa force et son envie de modernité et de progrès pour son pays et ses élèves.

Avec patience et compréhension elle les accompagne sans les assister. Pour réaliser tous ses projets elle investit beaucoup avec ses deniers personnels et l’association Soutiens d’avenirs apporte une aide financière conséquente (89 enfants soutenus par SA et participation financière  à des projets)

Les élèves sont ceux qui m’ont le plus surpris. Timides au début ensuite ils ont été curieux, attentifs, courageux, généreux et ils se sont montrés bien plus doués que je ne me l’étais imaginé.

À 18 ans leur niveau scolaire n’équivaut peut-être pas celui de notre bac général mais ils n’en sont vraiment pas loin.

Ils ont une soif d’apprendre et si leur situation familiale le permet ils ont envie d’étudier pour avoir un métier. Paranita veille à ce qu’ils puissent découvrir différents métiers..

Ils sont extrêmement plus matures et unis que les enfants et les jeunes de nos écoles Françaises.

Ils savent la chance qu’ils ont d’être là.

Et ce que je trouvais touchant en récoltant certains de leurs témoignages, c’est qu’ils considèrent cette école comme leur 2ème maison avec les professeurs comme parents.

C’est en prenant le bus de l’école tous les soirs en direction de Teku, quartier défavorisé de Katmandou, pour y déposer certains élèves dans ce qui ressemble plus ou moins à un bidonville, que je me suis rendu compte du problème de pauvreté auquel devait faire face certains élèves.

Cela rend encore plus impressionnant leur façon d’agir car ils sont toujours souriants et ne se plaignent jamais.

Des élèves m’ont proposé via l’accord de la Paranita de me faire visiter leur ville et m’ont accompagné dans certaines de mes visites afin de m’apprendre, à leur tour, quelque chose de nouveau.

Grâce à l’association Soutien d’Avenirs l’école a pu acheter une vingtaine d’ordinateur et en 2 ans d’utilisation, Paranita a vite compris l’importance de cet outil.

C’était également l’un des principaux objectifs de ma venue, de les aider à approfondir l’usage de cet outil notamment pour les professeurs et les élèves en enseignant pendant ces 2 mois l’usage de Word, Powerpoint et Excel.

J’ai également participé à quelques cours notamment en science, en anglais et en management, cours important car les Népalais de manière générale gère mal les différentes tâches qu’ils ont à accomplir, ce qui fait que tout prend du retard ou n’est pas fait exactement comme souhaité.

C’est d’ailleurs l’un des points ou il aura fallu que je m’adapte le plus, le fait que l’organisation se fasse presque au jour le jour et qui si quelque chose est reporté, annulé ou remplacé par quelque chose qui n’a rien à voir, et bien c’est comme ça il faut juste trouver un moyen de s’adapter rapidement et le faire.

J’ai également « importé » une nouvelle activité auprès des élèves, le diabolo. Ils se sont trouvés très intéressés par ce jeu de cirque et sont d’ailleurs devenu très doués

Ce jeu m’a permis de faciliter l’échange avec eux et cela les a rendu désireux d’en savoir davantage sur la France, sur l’Europe et sur notre façon de vivre, notre culture.

J’ai aussi organisé le premier tchat en direct de Chambéry avec l’auteur du premier roman britannique Emma Flint (projet mis en place par Soutiens d’Avenir)

Dans « little death » lauréat 2018 du premier roman britannique l’auteur  décrit la vie d’une jeune femme américaine vivant dans les années 60. A  cette époque, les mœurs et la façon de vivre est très éloigné voir choquante par rapport au mode de vie Népalais (Une femme ayant plusieurs petits amis, meurtres, etc…). Les étudiants  se sont montrés, une fois de plus, très curieux, ont posé beaucoup de questions à l’auteur.

Pour conclure je retiendrais pour toujours tous ces merveilleux moments passés à la Mini Land, les moments de jeux, d’enseignement et d’échanges culturels, les  rencontres riches ouvertes et généreuses qui m’ont apporté énormément en seulement 2 mois.

Je remercie grandement toutes ces personnes qui m’ont permis de vivre 2 mois exceptionnels au Népal, mais également Éric et Martine qui m’ont permis de vivre cette expérience très enrichissante.

 

Loïc RANNO

20/07/2018

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